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Les années 1980

Le début, sa découverte et sa qualification historique

Défense du site

par Alain Gauthier

A proximité de nos habitations nous pouvons exercer notre curiosité en parcourant les sous bois du massif forestier dénommé « La Forêt de Blois », ensemble boisé couvrant plus de 3250 hectares (5322 arpents au XVIIIè siècle). Il est le dernier état de la grande forêt couvrant toute la Gâtine Tourangelle à l’aube du Moyen âge et qui fut petit à petit grignotée par l’installation des hommes et des cultures vivrières. Bien entendu cet espace boisé a connu d’autres états. Grâce aux connaissances archéologiques accumulées par nos prédécesseurs et nous même, nous savons que cet espace était occupé au temps de la conquête romaine. Il a du se fermer au cours du troisième siècle, période troublée qui a provoqué un retour d’une population rurale réduite, sur un espace plus « urbain ». Mais le périmètre qui nous intéresse, constitué par les possessions des comptes de Blois et de Bury a continué d’être un réservoir de matériaux de construction au profit des puissants, civils ou ecclésiastiques. Il a également servi de réservoir d’énergie à la population et aux bêtes qu’elles élevaient. Il n’a donc pas été défriché et le sol de la forêt, sous le couvert de la végétation et en dehors des dessouchages manuels antérieur au 20ème siècle, a jusqu’alors, été préservé de bouleversements liés au travail des hommes.

C’est donc un lieu privilégié pour la conservation des sites naturels, préhistoriques ou historiques. Nous y remarquons à de nombreux endroits des creux et des bosses, des levées de terre, qui, contrairement à ce qui se passe en zone cultivée ne sont pas forcément nécessitées par l’écoulement des eaux. Voici donc qu’apparaissent des structures qui nous content et au delà une partie de l’histoire voire de la préhistoire de notre petite région.
Nous reparlerons plus tard, de cette archéologie en forêt, car j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui un site historique des plus récent. Il n’existe que depuis moins de cent ans dans le lieu-dit Les Sablonnières, un « canton » de la forêt domaniale dépendant de la commune de Chambon sur Cisse.)
Dans les années 1990, avec Jean Marie Lorain, le CDPA1 participait à l’inventaire des sites patrimoniaux dans les forêts gérées par l’Office National des Forêts (ONF), je faisais notamment, inscrire ce site à la page 52 en 1.3 du document finalisé en février 1996 sous la direction de Olivier James. Mais il fallut néanmoins, défendre le site contre les utilisateurs de la forêt qui ne voyaient ces lignes brisées du sol qu’à travers la représentation tronquée de fossés de la carte IGN de Blois. Même les forestiers n’étaient pas pour la conservation de ce patrimoine qui gênait leur exploitation de la forêt. Si bien qu’un jour en réponse à mes interrogations, un garde me lança : « ils auraient pu au moins les reboucher leurs tranchées ».
Il est vrai que sa pensée ne devait pas envisager l’état d’esprit de ses anciens, rescapés de cet enfer qu’ils avaient connus, dans les unités de chasseurs forestiers.

-* Un témoignage local

C’était dans le début des années 1980, il avait plu fortement et l’eau avait raviné les chemins à divers endroits. Dans un chemin contigu se dirigeant vers Rocon, je trouve, enfoncée certainement dans la boue de l’époque, une baïonnette dans son fourreau. Elle portait sur sa lame, la date de confection entre 1865 et 1868. Intrigué par cette découverte, j’interrogeai le voisinage : pour en connaître la provenance. Mme Thiélin, une habitante du lieu me confia que sa grand mère lui avait raconté que les soldats empruntaient ce chemin pour repartir et que l’allée que vous voyez sur mon levé était désignée comme « l’allée des soldats ».
On peut supposer que de nuit une troupe assez nombreuse, ait cheminé dans le chemin boueux, et que cet instrument se soit détaché par accident sans être vu des participants. Malheureusement, je ne peux vous la présenter, car confiée à un laboratoire archéologique pour sa conservation, elle a malheureusement disparu ! J’en ai trouvé une reproduction sur Internet :

Une autre habitante de Chambon, Christiane Lhomme-Leroy, m’a indiqué que son père Albert(10 ans en 1915), qui habitait Les Cours, allait avec d’autres enfants du « coin », voir les soldats pour obtenir des gâteaux (pain de guerre ?).

J’en débutais le levé en 1999 avec l’aide des géomètres du cadastre de Vendôme et je pus le terminer en 2010 grâce à mes voisins et amis chambognots. Le report au 1/500 fut terminé à l’été 2010 et l’habillage numérique réalisé en 2011 par un géomètre d’un cabinet de géomètre expert de Vendôme.

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Alain GAUTHIER CDPA 1999
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