L’étude des créations artistiques et littéraires par les personnes persécutées,
déportées et internées durant la seconde guerre mondiale est un sujet fécond.
Défiant leurs bourreaux, en dépit des conditions de vie extrême, des déportés, internés, ont réussi à maintenir une activité artistique et littéraire dans les camps de concentrations nazis. Des milliers de dessins, croquis, poèmes ont été produits. Des fragments de pièces de théâtre ont été reconstitués collectivement et parfois interprétés.
Des œuvres musicales ont été composées. Avec la complicité de ses camarades, l’ethnologue et grande résistante Germaine Tillion a même composé une opérette satirique qui sera représentée cette année dans huit villes de France.
Ces créations sont des témoignages de l’univers de persécution et de l’enfer concentrationnaire, mais aussi la volonté d’affirmer la primauté de la vie et de l’espoir dans des conditions indicibles. Chacune d’elles apparaît comme ’’ un instant ’éternité’’, la cristallisation d’un vécu intime.
Cette exposition a été constituée par Jacques Guilbaud, ancien déporté de Buchenwald. Les poèmes ont été pour la plupart empruntés à ’’ Ces voix toujours présentes, Anthologie de la poésie européenne concentrationnaire’’, due au travail du poète Henri Pouzol, ancien déporté d’Oranienburg-Sachsenhausen et de Dachau, publiée en 1995 à l’occasion du cinquantième anniversaire de la libération de la France.
L’exposition ’’ Créer pour survivre ’’ se propose de vous donner accès à ce pan de la mémoire de l’humanité. Elle pose la question de l’œuvre d’art en tant que forme de résistance ultime à la déshumanisation et en tant que moyen de transmission de l’expérience de la déportation.
François Mercier et Yves Ménagé
Site officiel de "Vallée de la Cisse"
