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Les arbres centenaires vont être coupés fin Août

30 juillet 2019, une date importante pour les Sablonnières

Des arbres protecteurs vont disparaître

par Alain Gauthier

Nous avons bataillé ferme pour éviter le pire, mais rien à faire, priorité à l’Administration, même si elle n’est pas sûre des justifications de ses actions.
On coupe pour éviter les "chablis" mais rien n’assure que cette coupe ne va pas en provoquer d’autres plus dangereux !
Que coupe-t-on : les arbres les plus en connexion avec le réseau, ceux qui ont vécu avec les futurs poilus pendant les quatre ans de guerre.
On ne s’occupe pas de la sauvegarde de la mémoire, on n’a à la bouche que l’"amélioration" de la coupe pour les exploitations futures !

Toutes nos observations ont été rejetées pour la création d’un îlot de vieillissement comme la parcelle N°41 qui est le proche du stade des Allées, lieu de promenade des Blésois. Nous avons dans cette parcelle beaucoup d’exemples contraires au discours, et de l’ONF et de la Drac !

Nous avions écrit au Préfet :

Monsieur le Préfet, Coulanges le 22 juillet 2019

Si nous nous félicitons de votre accueil, lors de la rencontre du lundi 15 juillet en préfecture, nous ne pouvons être d’accord sur son déroulement et sur ses conclusions.
Ce n’est pas l’organisation qui est en cause ni votre volonté de faire émerger un accord puisqu’en effet vous nous aviez annoncé personnellement au téléphone, une réunion de deux heures qui permettrait d’épuiser le sujet.
Nous avons acquiescé à votre présentation liminaire sur les objectifs.

Mais nous avons malheureusement constaté qu’il a été consacré plus de une heure à une projection de l’ONF sur un sujet le « chablis » dont il n’avait jusqu’alors jamais été question et qui n’a rien apporté de nouveau.
Nous voudrions rappeler que l’ONF et la DRAC ont mené des réunions de travail auxquelles nous n’avons jamais été associés ou informés des résultats.
Vous êtes d’ailleurs le seul, pour le moment à nous avoir donné une information sur un avis favorable du Préfet de la région Centre-Val de Loire, pris au printemps 2019 et dont nous connaissons la teneur que depuis hier, 23 juillet, sur demande expresse auprès de l’ONF. Nous doutons que M le Préfet ait eu tous les éléments à charge et à décharge pour motiver son avis puisque là encore , nous, qui avons été à la racine de l’inscription comme monument historique du site des « Sablonnières » n’avons été ni associés, ni questionnés sur le devenir de cet endroit mémoriel et patrimonial.
Pour mémoire, c’est une démarche, auprès du préfet Lagarde dans votre bureau, qui a décidé de l’initiative de la demande, soit de l’association Vallée de la Cisse, soit du préfet qui l’a réalisée lui-même.
La réunion du 15 juillet semblait démarrer sous de bonnes augures quand vous avez évoqué la possibilité de la création d’un îlot de sénescence comme celui de la parcelle (N° 41) située au bord du stade des Allées sur Blois.
Si nous pouvons nous permettre, nous vous engageons vivement à la visiter et voir si les arbres, au bord des aménagements de cet ancien dépôt de munitions (Français de 1914-à 1940, puis Allemand en 1941-1944 ) menacent par leur effondrement, le public (beaucoup de jeunes enfants sur les creux et les bosses idéales pour les vélos) qui le fréquente en nombre.
Il y a dans cette parcelle, tous les exemples de ce que nous voudrions, au titre de la mémoire de notre lieu, de conservation des arbres (et ce n’est pas un endroit inhospitalier comme l’ONF a voulu nous le faire croire quand on constate le nombre d’utilisateurs de ces parcours en sous-bois, très prisés de la population blésoise avide de promenade et de jogging !)
Des arbres très proches, penchés, abîmés et certains à moitié creux, sur le bord des excavations ou des remblais, sur le bord du grand fossé bordier. Alain GAUTHIER y a même vu un nid de frelons communs dans un chêne bicentenaire à 50 cm du sol en bordure d’une allée fréquentée.
(voir toutes les photos)
Les affirmations de l’ONF sont-elles sans arrières pensées ? En effet pour affirmer les risques de chablis, il faudrait prouver qu’il y en a déjà eu ? Or, Alain qui connaît bien cette forêt, qui visite systématiquement les souches renversées pour y trouver des vestiges du passé, affirme que c’est la seule parcelle du secteur (110 des Sablonnières) où il n’en ai jamais vu.
Alors que pour celles plus au Nord, au Sud et à l’Est, il peut vous conduire sur plusieurs dizaines de ces événements malheureux pour nos grands arbres, mais qui sont heureux quand ils dévoilent les vestiges du passé. Un dans la parcelle 109 a révélé des artefacts du « haut empire » gallo-romain d’ailleurs proches d’un puits de la même époque détruit volontairement par le garde à triage en 2005.
Cette découverte, mise en relation avec Clément Laplège et la couverture Lidar, doit permettre de projeter des découvertes futures.
Ce qui nous a occupé pendant la moitié de cette réunion et que nous avons découvert, ne pouvait être partagé puisque non porté à notre connaissance. Nous ne pouvions apporter les arguments probants que nous avons réunis maintenant.
L’ONF semble vouloir aller très vite pour ne pas permettre une argumentation d’égal à égal. Pourquoi cette précipitation devant l’Histoire ?
Je rappellerai que le site est couché par deux fois dans « 2014, Centenaire de la première guerre mondiale », ce magnifique ouvrage de la Mission du Centenaire, de couleur rouge sang et de 35 mm d’épaisseur.
Page 97 Les tranchées de l’arrière « en forêt de Blois, par exemple protégées par les chênes et conservées dans leur état d’origine se cachent trois kilomètres de tranchées d’entraînement... »
Page 189 Les Sablonnières, un site historique méconnu en forêt de Blois

Veut-on faire mentir Joseph Zimet qui écrit en page 12
« Portée par une mémoire sociale d’une grande vitalité la commémoration de Centenaire procède désormais « d’en bas » /.../ En l’absence de témoins, tous disparus, ce sont désormais les musées, les services d’archives et les « chemins de mémoire » aménagés sur les champs de bataille qui sont les dépositaires et les passeurs de la mémoire... »

et page 13 « le Centenaire sera enfin pour la France et les Français un temps d’introspection civique et de réflexion historique qui permettra de rassembler la société française autour d’une mémoire unificatrice porteuse de sens et de valeur. »

Nous cherchons dans la situation actuelle du site, le lien avec cette dernière phrase.

Pour finir nous voudrions vous dire que nous avions préparé des éléments de discussion pour les projeter à l’assistance, mais devant l’emprise non prévue du discours de l’ONF, nous avons renoncé, privilégiant la discussion à une vision un peu trop pédagogique sur un sujet en marge.
Nous vous demandons, au moins que nos arguments puissent être développés et que s ‘il y a blocage, des experts indépendants nous disent pourquoi les arbres des Sablonnières » n’ont jamais subi de chablis et pour notre part n’en subiront pas puisque ancrés plus profondément qu’ailleurs dans la couche de sable (de Sologne) qui recouvre cet endroit au-delà d’un mètre alors qu’ailleurs les mêmes ne constituent qu’une couche infime ne dépassant que rarement 20 cm. Partout sur les limites de fiefs, (fossés et talus) sont des grands arbres, ce ne sont jamais eux qui sont touchés par les chablis !

Nous espérons donc vivement que la réunion du 30 juillet ne soit pas qu’une longue justification des mêmes, mais que nos arguments soient entendus, pris en compte et que l’aspect mémoriel et pédagogique qui a été complètement oublié du gestionnaire soient enfin reconnus.
Ne commettons pas l’irréparable, personne ne pourra, à la suite, ressusciter les géants que l’on veut abattre si ce n’est pas indispensable.

Persuadés que nous avons les mêmes objectifs pour le bien commun, nous avons l’honneur, Monsieur le Préfet de vous saluer avec notre plus profond respect.

Pour le bureau, et pour ordre, du président, le secrétaire Alain GAUTHIER

La réunion sur le terrain s’est déroulée dans un climat serein, bien que les services se soient encore concertés en dehors de notre présence !
Nous avons seulement obtenus que quelques-uns de nos "géants" soient épargnés et que pour d’autres, la coupe soit faîtes de manières à garder la mémoire de leur existence.
Nous avons par ailleurs apporté des solutions de préservation en évitant des passages prévus sur l’Allée des Soldats, par l’utilisation d’une allée de décharge plus au nord dans la parcelle 109.
Ainsi que le report vers le Sud de passages prévus sur les fortifications ou à proximité.

Voici le compte rendu que nous faisons officiellement de cette réunion :

Réunion sur le terrain du 30 juillet 2019, avec : la Directrice du cabinet du préfet, Christophe Degruelle président d’Agglopolys et son adjoint environnement, l’Office National des Forêts, la DRAC, les MONUMents historiques, Sauver les tranchées des Sablonnières et Vallée de la Cisse

Après la saisine par Vallée de la Cisse, de nombreux ministres concernés par la gestion de la forêt de Blois et celle du préfet de Loir-et-Cher, ce dernier a réuni le 15 juillet 2019 toutes les parties concernées ainsi que les responsables de l’ONAC, du Musée de la Résistance, du Souvenir Français et de l’union des Combattants en préfecture.

Hélas cette réunion a été principalement absorbée par la présentation de la mission de l’Office National des Forêts et à la façon dont les coupes seraient opérées, sans que Vallée de la Cisse et Alain Gauthier puissent véritablement expliquer notre volonté de protection, sans animosité et avec un souci d’intérêt général.
Face à notre réaction, le fond de la protection effective des tranchées n’étant pas abordé, le préfet analysant la situation, a proposé une réunion de terrain sur le site même le mardi 30 juillet.

Le rendez était fixé à 16 heures, mais nous nous sommes aperçus que l’Office National des Forêts et la DRAC étaient présents dès 14 heures pour selon nous prendre connaissance de la réalité des tranchées, non plus d’une façon théorique et administrative, et seulement vue des bureaux.
Nous rappellerons pour mémoire que l’ONF est partenaire de la Mission du Centenaire !
1 —Vallée de la Cisse et Alain Gauthier découvreur de ce site ont fait valoir dans un premier temps, à l’appui de leur demande initiale de geler toute coupe, que ce site unique en France par sa conservation était exceptionnel et méritait du respect. L’allée des Soldats est sacrée pour ce site historique et surtout pour ceux qui l’ont arpentée pour la formation des jeunes "poilus". Ils étaient des vétérans, qui avaient subis les combats, blessés, en convalescence.
Elle ne peut donc être empruntée par les engins porteurs très lourds et très larges que l’on nous décrit avec des tonnages importants (entre 13 et 23 tonnes) , traînant les fûts de chêne derrière eux, sous peine de dégrader fortement les tranchées elles-mêmes. Au passage, il a été aussi fait remarquer que lors de ses déclarations à la presse, l’ONF a laissé écrire qu’il y aurait des transport par câbles, plus protecteurs pour les bords des tranchées.! Or Vallée de la Cisse n’a rien constaté à ce sujet dans le document de demande d’autorisation pour les recommandations faites aux bûcherons ! L’autorisation a été validée sans cette obligation !
2 — Face au refus de l’Office National des Forêts d’envisager une protection par sénescence (ou vieillissement) d’une partie de la parcelle contenant les tranchées, Vallée de la Cisse a alors tenu à demander à l’Office National des Forêts les raisons qui d’une part concernaient l’abattage des chênes situés au bord même des tranchées, entraînant pour nous la destruction des bords des tranchées et d’autre part pourquoi il fallait traverser les tranchées avec les billes de bois traînent sur le sol. Nous avions relevé 24 arbres litigieux qui pouvaient aisément ne pas être abattus sur les 175 désignés par l’ONF.
Prenant comme exemple trois dangers pour la protection des tranchées le groupe s’est alors déplacé sur les rives en danger, seulement à cause du pourrissement des souches entraînant la destruction du bord par création d’un trou irréparable au regard de la conservation pour les générations futures. Vallée de la Cisse a lors fait remarquer que certains beaux chênes placés dans la même situation étaient épargnés, démontrant la contradiction dans le marquage des arbres.
Chaque fois il a été répondu par des généralités ou des motifs de protection des tranchées évoquant un principe sans le démontrer, alors que nous dénoncions l’atteinte même.
Vallée de la Cisse a tenu a rappeler que des coupes sauvages effectuées les années passées avaient fortement dégradé le site inscrit et donc à protéger , avec une accélération récente, en méconnaissance de la mission de protection de la DRAC et de l’ONF pour l’accueil des publics fréquentant les sites remarquables du couvert forestier.
Constatant l’évident souci de protection de ce site de la Vallée de la Cisse, le président d’Agglopolys , Christophe Degruelle a insisté pour que l’Office National des Forêts tienne compte de nos remarques plutôt fondées.
La Directrice de l’Agence l’Office National des Forêts a alors admis que ses affirmations de non dégradation du site étaient hypothétiques et aussi incertaines que nos dénégations.
C’est pourquoi l’Office National des Forêts a admis que certains arbres ne seraient pas abattus, que d’autres resteraient à hauteur d’assise pour permettre les explications pédagogiques sur ces arbres existants en 14-18 , connus des poilus puisqu’à l’époque ils avaient déjà 50 ans de pousse… d’autres arbres seraient coupés selon « une souche haut e » pour respecter le patrimoine du lieu, précisant que les repousses sur souches étaient rares pour des chênes.
Enfin, pour les allées dites de vidange ( traces laissées par les troncs tirés par les engins), les projets initiaux de l’Office National des Forêts seraient modifiés , à la demande d’ Alain Gauthier, car une contre-allée a été réalisée à 30 m au nord de l’Allée des Soldats dans la parcelle 109. et c’est bien là qu’il faut les traîner, si l’Office National des Forêts ne réduit pas son projet de ne pas épargner les 24 arbres à protéger pour ne pas détruire des éléments de tranchées, selon Vallée de la Cisse .
La directrice de l’agence régionale de l’Office National des Forêts a alors demandé à l’un de ses agents de prendre contact avec Alain Gauthier pour la dernière semaine d’août pour identifier les arbres à ne pas abattre et que les éléments divers du site historique soient parfaitement identifiés et que les lieux accessibles aux bûcherons soient bien placés. Vallée de la Cisse en a donc pris acte et sera présente.
Christophe Degruelle, lors du débriefing, a conclu en rappelant tout l’intérêt historique de ce site qui doit être absolument protégé, et qui méritera un aménagement partiel, l’autre partie demeurant en l’état en protection absolue. Il souhaite par ailleurs que des recherches universitaires soit menées pour mieux faire connaître l’histoire de ces tranchées, ce qui a toujours été le souhait d’Alain GAUTHIER.

A Chambon-sur-Cisse le 31 août 2019

Alain GAUTHIER, secrétaire de Vallée de la Cisse,
président de Sauver les Tranchées d’entraînement des Sablonnières

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